le site protégé du château de Rimaison

Communiqué de Presse 

le lundi 24 septembre nous avons adressé au tribunal administratif de Rennes un recours en annulation de la délibération du 11 mai 2007 du conseil municipal de la commune de Bieuzy-les-Eaux approuvant la révision de la carte communale.

L’objet de cette carte est de permettre la réalisation d’un projet immobilier " le village du château" lié à l'extension du parcours de golf. Il s'agirait de crééer 385 logements sur un site historique protégé de 17 hectares. La station d’épuration du « village du château» prévoit 1000 habitants. Or la population actuelle de Bieuzy n'est que de 708 habitants !

L'APB dénonce donc la carte communale qui voudrait permettre la création d’un village de 1000 golfeurs sur le plus beau site d’une commune de 700 habitants en violation de la loi urbanisme et habitat qui dit que le document d'urbanisme « ne peut pas avoir pour effet de porter atteinte à un paysage ou un milieu naturel remarquable ni de réserver de fait ou de droit l’installation dans la commune à certaines catégories de populations
» 

Or, si nous comptons beaucoup de randonneurs, de pêcheurs et de chasseurs parmi les Bieuzyates, nous n’en connaissons pas qui soient golfeurs. Ce projet va donc les priver de leur lieu de vie, de loisirs et de détente au profit d'une population extérieure.

L'APB ne rejette pas tout projet mais celui dont le caractère surdimensionné porte atteinte au site et à la qualité de vie des résidents actuels.              

 paru dans Le Télégramme  le 26 septembre 07

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HISTOIRE 

château et site de Rimaison

Le château et ses dépendances dont nos ancêtres ont vu les ruines grandioses a été construit par Michel de Rimaison aux environs de 1580

Référons-nous à la définition de Château.  Le dictionnaire Larousse, au mot Château, au paragraphe encyclop. Archéol. dit : " le château est non seulement la demeure du seigneur et de ses hommes, mais encore un lieu de refuge où se retireront, en cas de danger, les paysans et leurs troupeaux ; ainsi s’explique l’étendue des enceintes. La partie principale du château est le donjon, tour massive, élevée au début sur une butte naturelle ou artificielle nommée motte. Autour de cet ouvrage se déroulent les enceintes, dont la forme, l’épaisseur varient suivant les époques … La première enceinte délimitait un espace, baile ou basse-cour, où se trouvaient la chapelle seigneuriale, les communs, les étables, les puits et quelquefois de véritables fermes pouvant suffire au ravitaillement en temps de siège. Suivant l’importance des châteaux, le nombre des enceintes se multipliait…les ouvrages intérieurs étaient, en général, plus élevés à mesure qu’on se rapprochait du centre… Des souterrains passaient sous les fossés… " .

Ce sont les éléments du château de type féodal que nous retrouvons à Rimaison. Bien sûr, nous savons que le château initial, brûlé dit-on, fut reconstruit dans la seconde moitié du XVIème siècle par Michel de Rimaison et que la construction dont subsistent le vestibule classé sur le site de Rimaison et des éléments remontés à Pluvigner, présente des caractéristiques architecturales de la Renaissance; mais, la configuration reste celle décrite plus haut .

 Cet ensemble transmis par héritage appartenait, à la veille de la révolution, au seigneur Jacques Claude Du Cleutz, marquis du Gage et fut vendu comme bien national d’émigré en 1794 . Il n’étoit point dans le cas d’être divisé pour être vendu, & devoit former un seul lot d’adjudicaton " dit le procès verbal de consistance et d’estimation " Les champs de la dite métairie cernés de murailles " est-il précisé plus loin. La propriété était un domaine congéable dont Patern le Mouël était le domanier; il avait donc la responsabilité de l’entretien des superficies et des édifices. Plus tard, il apparaît que le fonds fut transmis par héritage à sa fille Thérèse, épouse de Louis Jacques Robic de Kerangar, maire de la commune en 1852, et à ses petits neveux Patern et Joseph Le Beller  dont il fut le tuteur. Patern (également maire de la commune en 1847) épousa la fille de Louis Jacques Robic. En 1925 quand les ruines sont inscrites à l’inventaire MH, l’arrêté indique qu’il s’agit de la propriété de Fauchais et Robic. Les documents du cadastre font bien apparaître qu’à cette époque la propriété n’a pas été démantelée. L’ancien parc du château, "  Parc bras " bordé par la muraille détruite en avril 2005 fait partie de la propriété de Mme Fauchais de Bieuzy et de Mr Robic de Melrand .

Le château semble déjà avoir été désaffecté avant la révolution : celui-ci qui , en 1725 , était habité et en parfait état , est réduit , cinquante ans plus tard , dès avant la période révolutionnaire, à l’état de ruine "dit Charles Floquet dans le Pontivy-Journal du 2 juin 1989 .

Mais le démantèlement se fit à la révolution: les ruines servirent au fil des ans de carrière alimentant la construction de plusieurs maisons de ferme, superbement ornées par les pierres sculptées du château, au bourg de Bieuzy et au village de Kerdanet, au Sourn .

En juin 1950 Stéphane Strowski, professeur au lycée de Pontivy et chroniqueur à Pontivy-Journal écrit : " on ne saurait trop déplorer que ce château, véritable joyau de la Renaissance bretonne, ait été détruit. Dans cet ordre d’idées, rien ne lui était comparable. Même le château si vanté de Kerjean, dans le Léon, lui était inférieur comme élégance et pureté de lignes. Ceux qui ont ordonné sa destruction ont assumé une lourde responsabilité. C’est sans doute pour cela qu’ils se sont bien gardés de signer et de dater leur œuvre de vandales et d’iconoclastes…"

 Mr Strowski ignorait que l’histoire allait se répéter lamentablement .

 Inscription , désinscriptions et classements Monuments Historiques

Dès 1908 un document versé par la préfecture aux archives départementales à Vannes fait état d’une demande rédigée par une commission de protection des sites et monuments pittoresques qui dresse une " liste des propriétés foncières dont la conservation peut avoir un intérêt général " où apparait " le château de  Rimaison : ruines et site ". Il est noté que la demande adressée aux propriétaires : Mme Le Beller de Bieuzy et Mr Robic de Melrand , est alors restée sans réponse ."

Ce n’est que  le 14 mai 1925  que " les ruines du château de Rimaison " sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques .

Pourtant la cheminée à cariatides du château est démontée en 1951-1952, sous   la surveillance des Monuments Historiques et transportée à Belle-Ile-en-Mer dans la propriété d’un inspecteur principal des contributions directes .

Le 9 août 1957, les propriétaires des ruines, dont  l'épouse du député, "à force de démarches compliquées ",  dit  Charles Floquet dans  Pontivy-Journal  du 23 juin 1989, obtiennent des Monuments Historiques que soient rayés de l’inventaire : le donjon et le porche du château de Rimaison pour une reconstruction à Pluvigner. Les démarches entreprises alors par Mr Bruchec, maire de Bieuzy et des membres de son conseil pour conserver le patrimoine de la commune se heurtent à un échec .

Après quoi on classa MH ce qui restait : le vestibule du château en 1958

En 1994 le moulin de Rimaison situé à quelques centaines de mètres de là, en descendant vers Pluméliau, fut classé à son tour.

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Il existait donc en 2005 deux périmètres de protection de monuments classés: celui du moulin et celui du vestibule du château auxquels s’ajoute la protection apportée par l’inscription des ruines datant de 1925 .

Concernant les murailles d’enceinte, Stéphane Strowski écrit en 1950 : " Les Rimaison … avaient ceinturé de murs un vaste espace, pour former le parc et les jardins du château . De cette enceinte, de contours très irréguliers, il subsiste de vastes pans intacts, construits en bonne pierre de taille et mortier de chaux.. Ils sont très reconnaissables sur la route de Pontivy et sur celle du moulin"

Pourtant, malgré les deux périmètres de protection de monuments classés et malgré l’inscription des ruines (sans compter la zone archéologique bordée par la muraille détruite)  un mur d'enceinte de 200 mètres environ est détruit  du 15 au 18 avril 2005 -  sans le permis de démolir qui d'après nous s'imposait - Les pierres (une vingtaine de camions) sont acheminées à Brech pour la restauration d'un manoir à La Villeneuve.

 Aujourd’hui

  • Les ruines encloses par la première enceinte appartiennent au tenancier d’un golf.
  • Le moulin classé MH, dont l’extérieur est parfaitement restauré, appartient à un particulier .
  • et le champ enclos par la seconde enceinte dont ne subsistent que quelques pans est la propriété d’un agriculteur du village Le Divit.

images d'hier

Les démantèlements

au manoir de La Villeneuve à Brech

destructions de Patrimoine architectural et paysager

en périmètres protégés

code du patrimoine

CODE DU PATRIMOINE

(Partie Législative)

Article L621-2

(Loi nº 2004-1343 du 9 décembre 2004 art. 78 XIV a 14º Journal Officiel du 10 décembre 2004)

Est considéré, pour l'application du présent titre, comme étant situé dans le champ de visibilité d'un immeuble classé ou proposé pour le classement tout autre immeuble, nu ou bâti, visible du premier ou visible en même temps que lui et situé dans un périmètre n'excédant pas 500 mètres.

CODE DU PATRIMOINE

(Partie Législative)

Article L621-31

Lorsqu'un immeuble est situé dans le champ de visibilité d'un édifice classé au titre des monuments historiques ou inscrit, il ne peut faire l'objet, tant de la part des propriétaires privés que des collectivités et établissements publics, d'aucune construction nouvelle, d'aucune démolition, d'aucun déboisement, d'aucune transformation ou modification de nature à en affecter l'aspect, sans une autorisation préalable.

la co-visibilité à l'étude

Le Site actuel

Lelfaux en Bieuzy-les-Eaux :

 Histoires d'hier et d'aujourd'hui

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L’Elfaut, le 27 juin 1701

La guérison miraculeuse du ginoüil de René Cabelguen

Sur les registres paroissiaux, le recteur de Bieuzy inscrivait les baptêmes, les mariages et les décès des paroissiens. Et il lui arrivait aussi de se faire chroniqueur d’évènements divers. Ainsi, la guérison miraculeuse du genou de René Cabelguen de Lelfaux :

Un lundy Le vingt septième jour du mois de Juin mille sept cent un au soir, René Cabelguen aagé de vingt neuf ans du village de l’Elfau en la paroisse de Bieuzy pendant son sommeil eût une imagination que son ginoüil droit estoit grandement enflée et rendoit si grande pouriture et vilainie, que tous les voisins là assemblés disoient qu’il luy auroit faillu couper la jambe, sinon qu’un, quy dit que non, qu’il n’avoit qu’à se vouër à Nostre Dame des Roys et qu’il se guériroit. Sur quoy il s’éveilla et vit qu’il n’avoit nul mal à son ginoüil, le lendemain matin vingt huistiesme racontant la chose à ses parents on attribua cela à un songe, qui n’est rien, mais le contraire arriva, car ce dit jour de mardy à midy son ginoüil se trouva en mesme estat qu’il avait pensée la nuit précédente, sans pouvoir cheminer, qu’à lappui d’un baston, et fût ainsi le mercredy, le jeudy ensuivant au matin il alla à l’appuy de son dit baston à la fontaine de Nostre Dame des Roys * proche le moulin de Saint Nicolas Blavet en la paroisse de Bieuzy, y fit sa prière, lava son dit ginoüil de l’eau de ladite fontaine, puis monta a la chapelle de la Trinité où estant arrivé commençoit déjà à avoir soulagement à la douleur, et s’en vint de la dite chapelle de la Trinité sans baston audit village de l’Elfaut. Le dimanche ensuivant troisiesme jour de Juillet vint au bourg de Bieuzy faire ce récit au Sieur Recteur dudit Bieuzy, et donna cinq sols pour estre employé à la gloire de Dieu et de Nostre Dame des Roys ce que nous soussignant vérifions très véritable, ledit René Cabelguen nous l’ayant déclarez en nos présences dans la sacristie de Bieuzy ce jour vingt quatriesme novembre mille sept cent un.

Signé : Le Strat Recteur, Alex Lahaye prêtre, G. Jolivet prêtre Le 10 janvier 1702 le Sénéchal de Pontivy nommé Le Vaillant en prenait connaissance. *

René Cabelguen s'est-il rendu à la fontaine de la Vénus où une sorte de statue d' Isis était honorée aussi sous le nom de Notre Dame de la Couarde ? Elle venait d'être achetée en 1698 par le comte de Lannion et sortie des eaux du Blavet où le clergé avait ordonné de la jeter pour mettre un terme à un culte païen. Celui-ci devait l'acheminer au domaine de Quinipily à Baud. C'était une statue pour laquelle " Le peuple grossier des environs avait beaucoup de vénération " et y avait recours dans les nécessités. Les hommes se voyant atteints de maladies, comme catarrhes et rhumatismes allaient y toucher les membres infirmes " dit un document du XVIIIème siècle extrait d'un inventaire général détenu par un notaire.

 Par cet écrit, le prêtre de Bieuzy a-t-il voulu remettre un peu d'ordre dans les pratiques peu catholiques de ses fidèles et christianiser l'affaire de la vénérable dame dont les pouvoirs miraculeux avaient fait merveille sur le genou de René Cabelguen ?

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Lellefau en 1725

En 1725 les métairies de L’Elfaux font partie du domaine de Rimaison appartenant à René-François DE KERGORLAY, seigneur de Cludon, comte de Guengat et de Leshascoët, baron de Pestivien, de Rimaison et autres lieux. Il meurt cette année-là. Sans héritier, son domaine passe à Charles-Jacques DE CLEUX DU GAGE.

On trouve notamment deux familles cette année-là à Lelfaux : les familles Le Beller & Le Tohic.

Le grand-père Jan Le Tohic est octogénaire en 1725 au décès de son épouse Alanette Pierre, âgée elle aussi de plus de 80 ans. Les deux fils vivent à l’Elfaux : Yves et Olivier Le Tohic. Cette année-là naît une petite Michelle fille de Yves Le Tohic & Yvonne Le Beller mariés en 1721. Hélas la fillette meurt à l’âge de 5 mois. Et Olivier le Tohic et son épouse Julienne Derian ont une petite Jacquette qui ne vit que 16 jours.

Deux frères Le Beller vivent aussi à L’Elfaux : Louis et François. En 1726 naissent des jumeaux chez Louis le Beller & Françoise Kerfanto. Ils se nomment Louis et Jeane. François Le Beller et son épouse Marguerite ont deux petites filles : Françoise née en 1722 et Marguerite née en 1723.

Peu après, la famille Le Tohic s’en ira: ils traverseront le Blavet par le Pont de la Brolade à Saint Michel et iront s’établir au village de Signan à Pontivy. Fuyaient-ils la dysenterie qui ravageait le pays ? Ils poursuivront leur histoire au village de Caudan à Noyal-Pontivy.

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