Patrimoine rural et archéologique

GUERN

                 La pierre du diable  Kerhiec

Le mégalithe emblématique de GUERN

 menacé par l'expoitation de la carrière

A SAUVER de la destruction

et de tout déplacement 

*********

Restauration de la fontaine Saint Salomon

********************

Le  FOUR COMMUN  de Kerroch

à restituer aux héritiers "communistes " de Kerroch

sans déplacement

Paru dans le bulletin municipal de Guern en Juin 2006

Pourquoi parler de protection du patrimoine ?

Des prospecteurs sont à la recherche de belles pierres anciennes pour de vastes projets à l’extérieur de nos communes . En dehors des périmètres protégés, il ne s’agit pas à proprement parler de " pillage " au regard de la loi ; mais au regard de notre histoire locale et de notre mémoire, c’en est un . Car nous pensons que nous avons des devoirs à l’égard des générations à venir . Il s’agit de conserver aux jeunes leur histoire et leur patrimoine . Ce que nous ne pouvons pas restaurer, pour diverses raisons, ils le feront tôt ou tard, si nous le leur transmettons .

Aussi voulons-nous veiller, non seulement à la protection des monuments inscrits et classés par les Monuments Historiques, mais aussi à la mise en place de mesures pour protéger le bâti traditionnel de nos campagnes et son environnement naturel . Guern, très riche dans ce domaine, mérite particulièrement la vigilance . La loi existe : l’article L 430-1-h du code de l’urbanisme . Elle permet dans des communes non dotées de PLU ou de POS , de mettre en place des mesures simples pour éviter les démolitions " dans des périmètres délimités par délibération du conseil municipal ". A la veille de la validation de la nouvelle carte communale, l’APB a présenté cette demande aux élus le 13 janvier 2006 et a souhaité l’élargir à tout le bâti traditionnel de la commune . Mr le Maire a rassuré l’association en déclarant que « toute démolition est déjà soumise à un arrêté » . Plus aucun projet immobilier extérieur ne se nourrira donc plus des matériaux qui font l’âme de notre histoire locale .

Suite à paraître...non parue

Les communs à Guern en 1821

Nous avons également manifesté notre intérêt pour ce qu’on appelle les communs . Ils sont les témoins de la vie communautaire de nos hameaux d’hier et, nous le redisons, ils ne peuvent nous parler que de là où ils sont .

1. Les communs de la commune avaient alors une superficie de 3 arpents 41 ( l’arpent vaut 2 journaux 5 cordes en mesure locale ) Ils comprenaient : un marais de plus d’un arpent , 7 pâtures couvrant près d’un arpent et 3 landes.

Le bâti était constitué des églises de Quelven, du bourg, de la trêve Saint Michel, de Saint Elaire, de la chapelle du Sournes, du presbitère, d’une masure, de la fontaine de Quelven et de son hangar , et du calvaire . A quoi s’ajoutaient les cimetières du bourg et du Sourn .

2. Les communs des hameaux couvraient une superficie de 120 arpents . Il existait 35 hameaux ou groupes de hameaux qui bénéficiaient de communs. Ils étaient constitués de quelques terres, pâtures et de vastes landes . A cela s’ajoutaient quelques constructions et le petit patrimoine commun .

Les plus vastes patrimoines sont détenus au sud de la commune par Guermeur : 28 arpents, dont 2 terres, 2 pâtures et plus de 20 arpents de landes ; de plus, Guermeur et Kerjanic se partagent 7 autres arpents de landes .Vient ensuite Keronise avec 18 arpents surtout constitués de landes.

Une autre communauté de villages importante apparaît au nord ouest : Locmeltro, Talhouët, Lannezar et Kervenic avec là encore 15 arpents de landes .

Au sud ouest, une autre communauté de villages : Cranhuen, Kerhorno, Quilivro et Kerperh avec près de 15 arpents de landes .

Au nord , Kerouray avec 6 arpents de landes

Le bâti comprenait 3 chapelles : celle du Guermeur, de Locmeltro, de Saint Jean ; 2 maisons au Guermeur , 2 masures à Saint Jean . La fontaine de Saint Jean et les fours à Gléhihuec, Keroch, Locrio, Quilio, Touldorven, Treuzar, et le four ruiné de Trévano constituent le petit patrimoine commun . A cela s’ajoute le cimetière de Locmeltro .

 Le hameau de Keroch

En 1821, il apparaît construit tout en long, sur un dessin dont les méandres obéissent aux caprices du terrain et à d’autres impératifs mystérieux . L’habitat regarde vers le sud la vallée boisée de la Sarre. Kerroch est traversé sur toute sa longueur par des terres communes autour desquelles s’organise la vie de la communauté villageoise Le n° 321, 346, 308 et 405 du cadastre de l’époque figurent comme pâtures sur les registres . Les habitants peuvent donc se rendre au four (commun n°328) et à la fontaine au nord ouest ( non visible sur le document ) tandis que les animaux s’attardent sur plus d’un arpent de pâture . Aux alentours , plus d’un arpent de landes à couper pour les litières. Soit au total 2 arpents 58 .

A nous entendre, c’est tout le petit monde d’il y a près de 2 siècles qui s’égaie : les familles de Julien David, Joseph Kervégant, Thomas Elliot, Louis Kervégant, Louis Corbel et autres .

Aujourd’hui, cette configuration a disparu . L’avenue centrale commune a été morcelée et l’accès au village se fait par 3 routes perpendiculaires à l’ancienne voie . Néanmoins 3 communs subsistent : le four désigné sur le cadastre actuel dans la section YC n° 36, une parcelle de 4 ares 25 près de la fontaine et une autre de 10 ares 76 ( n° 27 et 41 ) .

Que demande l’APB à propos de ces communs ?

Il appartient aux notaires de nommer les ayants droits qui y ont accès pour l’usage et l’entretien . Il appartient à la municipalité d’inventorier le petit patrimoine commun , au même titre que le bâti privé ancien de qualité et de prendre les dispositions de protection qu’autorise la loi .

C’est ainsi qu’ils continueront à vivre pour les nouvelles communautés villageoises , les heureux invités aux pardons, aux fêtes du pain ; et pour tous, dans nos mémoires et sur le papier glacé de nos revues du patrimoine .

C’est ce que souhaite l’APB pour tous nos villages et en particulier pour Keroch, le village des forgerons si l’on en croit l’étymologie, le Kalon Guern disent les amoureux du lieu, et ses alentours étranges peuplés des lourdes roches chargées de fer du Quilio .

Pontivy le 21 janvier 2006

 Anne Marie Robic - Présidente des Amis du Patrimoine de Bieuzy