la zone de Saint-Niel (1 AUi au PLU) artificialiserait  25 hectares de terres agricoles, de bocage parcouru par 2 chemins napoléoniens, dont 10 hectares de prairies en pente vers le ruisseau de La Niel ...

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A contre courant des exigences environnementales

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Lettre de soutien au recours engagé par l’association APB contre la zone d’activité de Saint-Niel et contre le PLU de Pontivy

Nous laissons la parole à Monsieur Yves Lebahy :

Saint Nolff, le 30 Janvier 2009

Yves LEBAHY Professeur agrégé de Géographie Enseignant en Master d’aménagement à l’Université de Bretagne Sud

" Dans notre région, nous assistons à la multiplication des zones d’activités systématiquement positionnées le long des voies rapides aux périphéries des villes, dans leurs entrées et principalement autour des échangeurs.

C’est cet état de fait que nous dénonçons, nous géographes spécialisés dans l’aménagement, et c’est le sens des propos et écrits que j’ai pu commettre, éléments auxquels Madame la Présidente de l’association fait référence. Les effets de tels aménagements s’avèrent désastreux au moins à deux titres.

Tout d’abord ils conduisent à une consommation excessive de terres agricoles, dont l’utilité économique peut, pour le moment, paraître négligeable mais qui dans très peu de temps ne le seront plus en raison de la pression démographique et de l’obligation qu’auront les sociétés futures de devenir de plus en plus autonomes quant à leur besoins. En effet, nous constatons en Bretagne une consommation croissante et alarmante de terres agricoles à des fins d’artificialisation, c'est-à-dire de transformation irrémédiables de sols qui avaient fonction de nous nourrir, pour se transformer en lotissements, infrastructures, zones d’activités et de commerces. Cette consommation par ailleurs ne cesse de s’accélérer : de 3600 hectares/an en 2003 et 2004, elle est passée à 5000 ha en 2005, 5600 ha en 2006, 7500 ha en 2007 pour la seule Région Bretagne, soit aujourd’hui l’équivalent de la superficie moyenne de trois communes. Nous ne pouvons continuer à ce rythme et la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural de Bretagne (SAFER) vient tout récemment de tirer un signal d’alarme au sujet de cette consommation irresponsable de l’espace à travers une récente étude, parue en novembre 2008. Il nous faut désormais économiser la terre au maximum et lui redonner cette fonction essentielle qui vise à nous nourrir. Cette artificialisation des terres qui permet l’étalement de zones d’activités et de commerce semble une aberration à un moment où beaucoup de collectivités prétendent mettre en place un Agenda 21, ce qui est je crois le cas de la commune de Pontivy ! Car une telle démarche implique que nos sociétés prennent conscience qu’elle doivent devenir de plus en plus autonomes par rapport à leurs besoins élémentaires dont ceux consistant à nous nourrir, de manière à diminuer les flux de toute nature (hommes et biens) si coûteux en énergie et infrastructures. Qu’elles doivent par ailleurs utiliser au maximum les potentialités de leur milieu en ayant l’empreinte écologique la plus faible. La mise en place de telles zones sur les périphéries des villes accroîssent de manière irresponsable leur dilatation et cette consommation de l’espace. Ce phénomène particulièrement français se développe dans notre région où il est perçu comme l’expression d’une modernité et d’un dynamisme économique. Mais il est déjà à contre courant de l’usage parcimonieux de l’espace que nous devons mettre en œuvre pour tenir compte des évolutions à long terme qui s’imposent désormais à nos sociétés.

Sur du plus court terme, on peut également être conduit à s’interroger sur la pertinence de tels aménagements. En imposant systématiquement la localisation de ces activités aux bords de voies rapides, aux entrées des villes, au nom d’une soi-disant performance économique et d’une rationalité d’utilisation de l’espace, les collectivités en charge de ces aménagements, participent à une banalisation misérable des paysages. Ces derniers perdent toute originalité, toute patrimonialité. D’attirante, la ville devient repoussoir et ne remplit plus sa fonction essentielle, celle qui consiste à faire sur un lieu unique le maximum de choses dans le minimum de temps. Ainsi le lien qui unissait la ville à la campagne est en train de se rompre. Cet exemple, ici contesté, n’en est qu’une triste illustration. "

Yves Lebahy

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Communiqué à la presse

le 9 mai 2007

Notre association vient d’adresser une requête au tribunal administratif de Rennes contre le PLU de Pontivy. Nous contestons la légalité du PLU adopté le 8 novembre 2006.

Nous rappelons que nous avions adressé le 24 février 2006 un recours gracieux à Mr Le Maire de Pontivy pour amender le PLU. Celui-ci ayant été refusé dès le 6 mars, la procédure annoncée vient d’être lancée.

Nous disons que la municipalité a ignoré le Patrimoine bâti et certains espaces à protéger.

roseraie rue d'IENA non protégée

petit patrimoine : puits non inventorié avenue de la libération

L’acquisition par la municipalité du parc et du manoir de KERGRESIL s’est faite au prix de l’illégalité. Le zonage modifié après l’enquête publique a ouvert à l’urbanisation un patrimoine à protéger.

Nous dénonçons aussi l’absence d’inventaire et de mesures de protection du patrimoine bâti hors agglomération. Le préjudice est notoire notamment au manoir de LA HAYE, au manoir de KERNAUD, aux habitations du METERIAU qui n’ont pas pu se prévaloir d’un dispositif de protection satisfaisant pour infléchir le tracé de la déviation nord.

Nous ajoutons l’absence de révision de la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager du centre ville (ZPPAUP) prévue par le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) voté par le conseil municipal. Pourtant elle s’imposait en raison de la flambée de l’immobilier en ville et le long du Blavet, des acquisitions de biens immobiliers par la municipalité, comme la propriété de KERGRESIL, ainsi que des aménagements paysagers des squares et des quais par exemple.

Nous affirmons que la zone commerciale de SAINT NIEL est d’une ampleur démesurée et que la coupure d’urbanisation avec le village de Talcoët-Noyal est insuffisante.

Nous dénonçons l’atteinte à des paysages patrimoniaux, des zones naturelles et zones inondables.

Une zone constructible a été maintenue par le PLU à KEROSTIN dans la vallée du Blavet. Nous disons que le sursis à statuer s’imposait pour des permis de construire qui ont été accordés en avril et mai 2006 alors que l’enquête publique avait lieu du 12 juin au 13 juillet 2006. Ce sont ainsi plus de 100 logements qui ont été autorisés sur 5 hectares de prairies à soustraire à un espace qui, selon nous, devait bénéficier d’un classement en zone naturelle au regard du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Blavet ( SAGE ) opposable depuis le 16 février 2007.

carte des plus hautes eaux connues du SAGE Blavet

De même pour le projet du Pôle de sports mécaniques dans la vallée du Blavet – différé à l’heure actuelle. Nous contestons le zonage prévu pour cette réalisation qui doit couvrir près de 20 hectares sur la rive droite à Pontivy et 50 hectares sur l’autre rive à Neuilliac. Les paysages et les zones naturelles de GUERNAL et du ruisseau de SAINT ELOI  seraient considérablement affectés par ces aménagements.

Nous dénonçons aussi les menaces d’atteinte à la sécurité, à la santé et au bien-être de la population concernant ces deux projets en raison de l’accès dangereux aux résidences en projet à KEROSTIN et des graves nuisances sonores du Pôle de sports mécaniques en projet à Guernal.

Nous terminons par l’urbanisation incontrôlée.

Alors que la ville de Pontivy a un taux important de logements vacants : 7,3% en 1999, la flambée immobilière s’est amorcée en 2004. Les logements créés sont passés de 93 en 2003 à 433 en 2004.

Depuis, les projets d’immeubles se multiplient, avec balcon sur la rivière, le long des quais et de la trame verte et bleue du Blavet et du Canal notamment. La publicité annonce « vue privilégiée sur le Blavet ». Les noms évoquent bien les paysages patrimoniaux convoités : « Les terrasses du Pont Neuf », « Au bord de l’eau », « la Batelière » …

Les investisseurs sont encouragés par la loi de défiscalisation des investissements locatifs. Dans la presse locale, la publicité immobilière vante la « valeur sûre » du placement immobilier, expliquant précisément la loi Borloo, la loi De Robien.

Or, nous disons que Pontivy doit se protéger de cette flambée des investissements immobiliers causée par les reflux d’un littoral saturé.

Aussi, contestons-nous les zones constructibles dans la vallée du Blavet et le long du Canal. Nous demandons des périmètres de protection et des hauteurs de constructions réduites à proximité de ces paysages patrimoniaux qui doivent rester propriété de tous.

 pour l'APB la présidente